Les souvenirs sont sélectifs et parfois d'une précision chirurgicale. Ce samedi matin là, j'étais euphorique. Je sortais de classe, c'était le we. Je savais pas encore. Lorsque maman, sur la route du retour de l'école, s'est arrêtée pour aller acheter les traditionnels biftecks hachés, ma p'tite sœur et moi, on s'est planqués au sol de la banquette arrière de la bagnole. C'est complètement con comme jeu quand on y pense. J'étais euphorique quand je suis sorti de la voiture. Papa et papy étaient à la fenêtre de ce qui serait bientôt la chambre de Mélanie. J'étais euphorique. J'ai enlevé mes grolles. J'ai monté les marches au pied desquelles sa vie s'était arrêtée. Je savais pas encore. Dans la petite pièce du fond, qui devait encore être la salle de bain, j'ai pleuré comme jamais auparavant. Avec la douleur en plus. Je savais. L'euphorie était devenue hystérie. La mort, pour la première fois de toute mon heureuse vie de gamin né dans la bonne maison, avait un putain de sens. Ma chienne, qui m'avait fidèlement accompagné jusqu'à mes dix ans, m'avait abandonné. C'est un autre toutou qui s'en est allé aujourd'hui... pas le mien, mais le gamin que j'étais ne peut s'empêcher de repenser à ce samedi de merde...
10 février 2009
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